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03.07.2019


Je pensais être prête à accoucher.

En réalité, je ne m’étais pas préparée à vivre une naissance.


Quand j’attendais mon premier enfant, j’étais sereine.


J’avais suivi les cours de préparation proposés par la maternité. J’avais confiance. Et, si je suis tout à fait honnête aujourd’hui, j’étais aussi profondément impatiente de rencontrer mon bébé.


Je pensais que cela suffirait.


Je pensais que mon corps saurait naturellement quoi faire. Que les professionnels me guideraient si nécessaire. Que la naissance suivrait son cours. Je ne savais pas encore qu’on peut être prête à accueillir son bébé… sans être réellement préparée à traverser une naissance.


Les premières contractions sont arrivées un dimanche matin.

Nous sommes allés à la maternité le soir. Mon col était ouvert à un centimètre. On m’a conseillé de rentrer à la maison.

Alors je suis rentrée.

Pendant toute la journée du lundi, les contractions se sont enchaînées. J’ai souffert. Avec le recul, je réalise que je les traversais presque immobile. Je les subissais plus que je ne les accompagnais.


Aujourd’hui, je sais combien le mouvement peut aider le corps à travailler. Je sais qu’il existe des positions, des appuis, une respiration, des ressources qui permettent d’accompagner ce processus plutôt que de lutter contre lui.


À l’époque, je ne le savais pas.


Je pensais qu’il fallait simplement attendre.


Le mardi, au petit matin, nous sommes retournés à la maternité. J’étais épuisée. Cela faisait déjà deux jours que je dormais à peine.


Avec le recul, j’ai l’impression que mon corps avançait… mais que moi, je n’avançais pas avec lui. Je n’étais pas contre lui.


Je n’étais simplement pas suffisamment préparée à comprendre ce qu’il essayait de me dire.


Le soir, on m’a proposé de percer la poche des eaux.

Au départ, j’ai hésité. Puis j’ai accepté.


À ce moment-là, je croyais sincèrement que c’était une étape presque incontournable pour que mon bébé puisse naître.


Aujourd’hui, je sais que chaque situation est différente, que certaines ruptures artificielles des membranes sont indiquées et que d’autres choix peuvent parfois être possibles. Mais surtout, je réalise que je ne savais même pas quelles questions poser.


Je n’avais pas les connaissances qui m’auraient permis de participer pleinement aux décisions qui concernaient mon accouchement.


Très vite, l’envie de pousser est devenue irrépressible.


Sauf que mon bébé n’était pas encore suffisamment engagé dans mon bassin.


À chaque poussée, il descendait… puis remontait.


Pendant des heures.


Je crois que cela reste l’effort physique le plus intense que j’aie jamais vécu.


Malgré la salle nature, malgré les différentes positions essayées, mon fils est finalement né dans une salle de naissance classique, allongée sur le dos.


Longtemps, j’ai repensé à cet accouchement.


Non pas avec de la colère.


Mais avec une immense prise de conscience.


Le savoir change l’expérience.


Il ne garantit pas un accouchement parfait.


Il ne permet pas de tout contrôler.


Mais il permet de comprendre ce qui se passe, d’habiter pleinement ce que l’on vit, de dialoguer avec les professionnels, de faire des choix éclairés lorsque cela est possible, et surtout de devenir une véritable actrice de la naissance de son enfant.


J’aurais aimé savoir que préparer un accouchement ne consiste pas seulement à apprendre à respirer.

J’aurais aimé comprendre le fonctionnement de mon corps. Les différentes phases du travail. L’importance du mouvement.

Les différentes options qui peuvent être proposées, leurs bénéfices, leurs limites.

J’aurais aimé savoir que l’information n’enlève rien à la confiance.

Au contraire.

Elle la nourrit.


Et j’aurais aimé préparer mon post-partum avec la même attention.


Parce qu’après la naissance, je me suis sentie très seule.


Je n’osais pas demander de l’aide.


Je pensais qu’il fallait réussir seule.


Avec le recul, je sais que cette difficulté venait aussi réveiller des blessures qui m’appartenaient.


Mais je sais également qu’un post-partum préparé, entouré et soutenu n’efface pas les difficultés : il permet simplement de ne pas les traverser seule.


Aujourd’hui, si j’accompagne les mamans, ce n’est pas pour leur promettre une maternité idéale. C’est pour leur transmettre des connaissances, des repères et de la confiance.


Parce que je suis convaincue d’une chose :

Le savoir n’enlève rien à la magie de la maternité.

Il donne simplement aux parents les moyens de la vivre en conscience.


Avec le recul, je ne changerais pas l’histoire de la naissance de mon fils. Elle m’a profondément transformée. Elle a été le point de départ d’un chemin qui m’a menée jusqu’à Bain de Lune et à la façon dont j’accompagne aujourd’hui les familles.

 
 
 

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