Porter celle qui porte
- meghanlaleu
- 12 juin
- 2 min de lecture
À toutes celles qui portent cette lettre est pour vous.
À toi, la femme.
À toi, la mère.
J’aimerais que tu te regardes avec plus de douceur.
Avec ce regard profondément aimant que tu poses si facilement sur les autres, mais que tu oublies si souvent de poser sur toi-même.
J’aimerais que tu voies ton corps autrement.
Pas seulement comme un corps fatigué, changé ou marqué.
Mais comme un corps qui a traversé.
Un corps qui a porté.
Un corps qui a aimé jusqu’à s’oublier parfois.
Ton corps a créé la vie.
Il l’a abritée.
Il l’a mise au monde.
Et depuis, il continue chaque jour de porter tellement plus que ce que les yeux peuvent voir. Quand je pense au corps des mères, il y a quelque chose en moi qui se serre et s’attendrit à la fois.
Parce que je vois tout ce qu’il contient silencieusement.
Les cicatrices visibles, bien sûr.
Mais aussi celles qu’on ne voit pas.
Les tensions accumulées.
Les nuits trop courtes.
La charge mentale.
Les peurs.
Les renoncements parfois.
Cette sensation de devoir tenir, encore et encore.
Et pourtant, derrière tout cela, je vois surtout une immense beauté.
Une force profondément vivante.
Une tendresse.
Une puissance douce.
Alors j’ai créé le Rituel de la Rose comme j’aurais aimé que l’on prenne soin de moi.
Comme un endroit où une femme pourrait enfin déposer ce qu’elle porte.
Un endroit où elle n’aurait plus besoin d’être forte.
Quand mes mains rencontrent la peau d’une femme, elles rencontrent toujours bien plus qu’un corps.
Elles rencontrent une histoire.
Des mémoires.
Des blessures visibles et invisibles.
Des endroits qui ont manqué de douceur.
Des endroits qui ont dû survivre trop longtemps sans être enveloppés d’amour.
Et dans chacun de mes gestes, il y a cette intention profonde : redonner au corps la tendresse qu’il mérite.
Lui rappeler qu’il n’a pas besoin d’être parfait pour être aimé.
Lui offrir un espace où il peut enfin relâcher.
Le chant du bol de cristal ouvre alors une parenthèse hors du temps.
Comme si le monde ralentissait enfin.
Comme si le corps pouvait respirer autrement.
Et quand vient l’enveloppement avec les rebozos, c’est toujours le même élan dans mon cœur : porter celle qui porte tout le reste du temps.
Bercer celle qui berce.
Offrir de la sécurité à celle qui en donne constamment aux autres.
Peut-être qu’au fond, le Rituel de la Rose est une lettre d’amour adressée au corps des femmes et des mères
Une façon de leur dire :
« Je vois ce que tu traverses.
Je vois ce que tu portes.
Et tu mérites, toi aussi, d’être enveloppée de douceur. »



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