Ces mots qui font du bien !
Il y a des mots que l’on entend et que l’on oublie presque aussitôt.
Et puis il y a ceux qui viennent se déposer quelque part en nous.
Des mots que l’on garde précieusement, parfois pendant des années.
J’avais mon petit garçon depuis quelques mois seulement. Il devait avoir environ six mois.
J’étais encore une toute jeune maman, en train d’apprendre. D’apprendre mon bébé, ses besoins, ses pleurs, son sommeil… ou plutôt son absence de sommeil.
Cette période était intense.
Et, pour être honnête, je me sentais terriblement seule.
Je me souviens d’un jour tout simple. J’étais dans un magasin pour animaux, en train d’acheter de quoi m’occuper de mes petites bêtes, et j’étais au téléphone avec quelqu’un de ma famille.
Et au détour de cette conversation, cette personne m’a dit qu’elle me trouvait extraordinaire comme maman.
Qu’elle trouvait que je gérais vraiment bien, pour mon âge, pour un premier bébé. Quelques phrases.
Rien de spectaculaire.
Et pourtant… Ces mots m’ont fait un bien immense.
Parce qu’à ce moment-là, je ne me sentais pas extraordinaire.
Je me sentais parfois dépassée.
Fatiguée.
Seule.
Je cherchais mes marques et je doutais beaucoup de moi.
Et soudain, quelqu’un me renvoyait une autre image.
« Tu gères. Tu es une bonne maman. Tu fais bien les choses. »
Je crois que j’avais besoin de l’entendre.
J’avais besoin que quelqu’un me voie, dans tout ce que je faisais déjà.
Et le plus beau, c’est que je m’en souviens encore aujourd’hui.
Sept ans plus tard.
Je ne me souviens pas de tout ce que j’ai fait ce jour-là.
Mais je me souviens de ce que ces mots ont provoqué en moi.
Ils m’ont redonné un peu de confiance.
Ils m’ont permis, l’espace d’un instant, de regarder la maman que j’étais avec un peu plus de douceur.
Et si nous étions davantage là les unes pour les autres ?
Je crois profondément que nous sous-estimons parfois le pouvoir de nos mots.
On pense qu’il faut forcément aider.
Apporter un repas.
Garder le bébé.
Donner un conseil.
Trouver une solution.
Et bien sûr que tout cela peut être précieux.
Mais parfois, il suffit aussi de quelques mots.
« Je te vois. »
« Tu fais de ton mieux. »
« Tu peux être fière de toi. »
« Tu es une maman formidable. »
« Je sais que ce n’est pas facile. »
Des mots simples.
Mais qui peuvent arriver exactement là où une maman en a besoin.
Parce qu’une jeune maman peut sembler aller très bien et, à l’intérieur, se demander si elle fait tout correctement.
Elle peut sourire avec son bébé dans les bras et rentrer chez elle avec l’impression de ne pas être à la hauteur.
Elle peut gérer mille choses chaque jour et ne voir que celles qu’elle n’a pas réussi à faire.
Elle peut aimer son bébé de tout son cœur et trouver cette maternité terriblement difficile.
Alors parfois…
Soyons celles qui lui rappellent ce qu’elle ne parvient plus à voir elle-même.
Et aujourd’hui, si je vous écris tout ça, c’est aussi parce que je veux vous dire quelque chose.
Je vous vois, les mamans.
Je vois celles qui viennent d’accueillir leur bébé et qui cherchent encore leurs repères. Celles qui ont vécu une naissance difficile.
Celles qui ont traversé des mois de PMA avant de pouvoir enfin tenir leur bébé dans leurs bras.
Celles qui allaitent et doutent.
Celles qui n’allaitent pas et culpabilisent.
Celles qui dorment peu.
Celles qui pleurent parfois dans leur salle de bain pour que personne ne les voie.
Celles qui ont l’impression que toutes les autres mamans y arrivent mieux.
Celles qui aiment profondément leur bébé mais qui trouvent parfois cette aventure terriblement intense.
Je vous vois.
Et j’ai envie de vous rappeler que derrière toutes ces questions, tous ces doutes, toutes ces journées où vous avez parfois l’impression de simplement « survivre »…
Il y a une maman qui fait de son mieux.
Une maman qui apprend.
Une maman qui aime.
Une maman qui avance, un jour après l’autre.
Et peut-être qu’aujourd’hui, vous aviez simplement besoin que quelqu’un vous le dise.
Alors laissez-moi être cette petite voix, juste quelques instants :
Vous faites déjà tellement.
Vous pouvez être fière de vous.
Et vous n’avez pas besoin d’être une maman parfaite pour être exactement la maman dont votre bébé a besoin.
Et puis, autour de vous, n’oublions pas de nous tendre la main.
À une sœur.
À une amie.
À une voisine.
À une collègue.
À cette maman croisée quelques minutes au parc.
Parce qu’on ne sait jamais ce que quelqu’un traverse en silence.
Et parce que parfois, quelques mots seulement peuvent laisser une empreinte pendant sept ans.
Comme ceux que quelqu’un m’a offerts, un jour, dans un magasin pour animaux, alors que je n’étais qu’une jeune maman qui essayait simplement de faire de son mieux.
Ces mots-là, je ne les ai jamais oubliés.
Alors aujourd’hui, à mon tour, j’ai envie de vous dire :
Je vous vois et je pense à vous. Car nous sommes une sororité.
Celle des mères qui chaque jour sommes là pour nos enfants.
Et peut-être que ces quelques mots feront, eux aussi, un tout petit peu de chemin jusqu’à vous.




Commentaires